Quelques réflexions

Ici, je vous partage quelques réflexions en lien avec la parentalité, la santé et le développement des enfants.

S'adapter, le super-pouvoir des Super-Parents

Illustration de Mathou : le super-pouvoir des super-parents
Illustration : Mathou

Pour moi, la principale qualité d'un parent épanoui, c'est son pouvoir d'adaptation. Avec un enfant, tout se passe rarement comme on l'avait prévu. Et si on acceptait que le plan, c'est qu'il n'y ait pas de plan ? Et si on laissait notre enfant nous emmener dans son univers ?

Voici une anecdote pour illustrer ce principe. Lors d'un de mes premiers séjours à la mer avec mon enfant, je m'étais fait une joie de lui mettre les pieds dans le sable et dans la mer. Il a pourtant détesté le contact avec le sable, et n'a plus voulu y remettre les pieds de tout le séjour. Il préférait rester sur la digue à regarder des grues travailler. J'avais 2 options : résister ou céder. Une fois la déception avalée, je me suis laissée emporter par son enthousiasme et je ne l'ai pas regretté !

« À l'impossible, nul.le n'est tenu.e »

Quand chaque jour, vous échouez à accomplir les tâches que vous vous êtes fixées, cessez de vous en vouloir. Ne faudrait-il pas incriminer l'ampleur de la tâche plutôt que la personne qui tente de l'exécuter ?

Travailler et être parent, c'est cumuler 2 travails à temps plein (dont l'un bénévole avec des client.es rarement satisfait.es), et faire semblant sans arrêt qu'on en a qu'un.

Réévaluons nos priorités et mettons en dessous de la pile ce qui nous semble superflu. Revoyons nos ambitions à la baisse. Moins d'activités, plus de moments de qualité passés ensemble.

Personnellement, il m'a fallu du temps pour accepter que je ne pouvais plus mener de front tout ce que je gérais auparavant sans enfants.

Soyez bienveillant.e envers vous-même comme vous essayez de l'être envers vos enfants, ou comme vous le seriez pour une personne proche. Être un bon parent ne signifie pas être un parent parfait.

L'épuisement parental

Illustration sur l'épuisement parental

L'épuisement parental survient lorsqu'un déséquilibre se crée entre les ressources dont on dispose et les besoins de l'enfant. On n'est pas tous égaux face au risque d'épuisement parental. Il dépend notamment du type d'enfant, de son caractère, s'il dort bien et de la présence ou non de relais. Les parents d'enfants à besoins spécifiques et les parents solo sont particulièrement à risque. La façon dont on a vécu sa propre enfance intervient également. De plus en plus, la parole se libère au sujet de l'épuisement parental mais beaucoup de chemin reste à faire. La petite phrase « Ce n'est que du bonheur », fréquemment prononcée à la naissance d'un enfant, incarne selon moi la propension de la société à embellir la parentalité et en nier ses côtés sombres ou douloureux. Cette expression ne m'a jamais parlé et j'évite sciemment de l'utiliser quand je veux féliciter de jeunes parents. En effet, si la m/paternité est magnifique et un véritable cadeau de la vie, elle n'en reste pas moins ardue, et nier l'ampleur de la tâche revient selon moi à un énorme mensonge collectif. Savoir qu'on n'est pas seul.es et que d'autres parents rencontrent des difficultés dans l'éducation de leurs enfants est rassurant.

Pistes de solutions

La première étape est de prendre conscience de son épuisement. Parlez de vos difficultés avec votre médecin traitant ou votre pédiatre. Parlez-en avec des personnes qui vous comprennent et vivent des difficultés dans leur parentalité comme vous, en ligne, ou mieux, en vrai. Acceptez votre imperfection et le fait que vous n'ayez pas de prise sur tout. Prenez soin de vous, écoutez-vous, écoutez vos limites. Pour prendre soin de votre enfant, il faut avant tout prendre soin de vous. Être parent est un marathon et non un sprint. Vivre sur ses réserves peut fonctionner un temps, mais ne dure pas. Si vous le pouvez, mangez sainement et dormez suffisamment. Si vous avez un.e conjoint.e, partagez équitablement la charge parentale. Acceptez l'aide qu'on vous propose ou demandez de l'aide autour de vous si vous êtes entouré.e. C'est compliqué d'y arriver seul.e, la tâche est immense. Si c'est possible financièrement, prendre de temps à autre un baby-sitting peut vous permettre de passer un moment ressourçant seul.e, en couple ou entre ami.es. Allez chez un.e psychologue familier.ère avec l'épuisement parental si vous vous sentez débordé.e par vos émotions.

Les écrans

Les écrans en excès sont une addiction. L'enfant ne sait être heureux qu'en étant stimulé par un écran. Il n'apprend pas à jouer, s'occuper seul et réguler ses émotions. La consommation abusive d'écrans peut notamment entraîner un retard de langage et de psychomotricité fine, des troubles de l'attention et des apprentissages, des difficultés scolaires, des troubles du comportement pouvant mimer un trouble du spectre autistique, de l'anxiété et des troubles du sommeil.

De 0 à 3 ans

Un enfant de 0 à 3 ans ne devrait pas être exposé à un écran, quel qu'il soit (télévision, téléphone, tablette, ordinateur…). Quand votre enfant est en poussette, ne lui donnez pas votre téléphone, même s'il pleure, même s'il est difficile. Laissez-le regarder autour de lui. À cet âge, tout est émerveillement et découverte.

Après 3 ans

Évitez que votre enfant ne regarde trop les écrans. Idéalement, il ne devrait pas regarder un écran tous les jours, et maximum 30 minutes par jour. Évitez les écrans le matin avant d'aller à l'école, en mangeant et avant le coucher. En effet, les écrans engendrent de l'excitation, des troubles de la concentration et favorisent l'obésité.

Évitez de mettre la télévision en bruit de fond. Même si votre enfant ne la regarde pas, il en perçoit les messages et cela peut favoriser plus tard des troubles de la concentration et de l'anxiété. Un enfant ne devrait pas avoir d'écran dans sa chambre, quel que soit son âge.

C'est fort différent de mettre un enfant devant un écran ou de passer un moment en famille en regardant un beau film par exemple. Ca peut être l'occasion de discuter avec ses enfants en leur posant des questions comme : « Que pensez-vous qu'il va se passer ? Que ressentez-vous ? Est-ce que vous avez bien aimé le film ? ».

Smartphones et réseaux sociaux

Pour le bien-être de vos enfants, pas de smartphones avant 14 ans ! Pas de réseaux sociaux avant 16 ans ! Renseignez-vous sur la politique d'écrans de l'école de votre enfant. Connaissez-vous « Kids Unplugged » ? C'est un mouvement de parents belges qui, collectivement, retardent à l'âge de 14 ans l'accès de leurs enfants au smartphone. Si un nombre significatif des parents de la classe de votre enfant s'engage à ne pas donner de smartphone à leur enfant avant l'âge de 14 ans, votre enfant ressentira moins de pression sociale et ce sera plus facile d'attendre cet âge avant de lui en fournir un.

Si écran, quel contenu ?

En cas de consommation d'écrans, le contenu doit être adapté à l'âge de l'enfant et toujours sous la supervision d'un adulte. Évitez les programmes/applications de type « YouTube » ou « TikTok » qui utilisent des algorithmes addictifs. Tous les contenus n'ont pas la même valeur. Évitez les contenus courts ou trop stimulants. Aucun contenu appelé « pédagogique » n'a démontré un intérêt pour le développement de l'enfant, contrairement à la lecture.

Écrans et santé visuelle

La consommation d'écrans est également associée à des troubles visuels comme la myopie. L'enfant devrait être situé à une certaine distance de la télévision, qui dépend de la taille de l'écran (p.ex. 2,2 m pour 40 pouces). Par ailleurs, regarder une tablette ou un téléphone augmente le risque de loucher. Il faut garder minimum 30-40 cm de distance entre l'écran (p.ex. tablette, smartphone) et l'enfant. Idéalement, il faudrait faire une pause d'écran de 20 secondes toutes les 20 minutes. Enfin, le fait d'être exposé.e 2 heures par jour à la lumière naturelle à l'extérieur protège des troubles visuels.

Et nous, les parents ?

Les enfants ne font pas toujours ce qu'on leur dit de faire, mais ils nous imitent volontiers. Si vous êtes en permanence sur votre téléphone, votre enfant voudra vous ressembler. Montrez l'exemple ! De plus, l'absence d'écrans favorisera vos interactions et votre relation avec votre enfant.